jeudi 07 janvier
Romanizer
Bon. Je termine Fb Superstar ( j'en suis à ce stade où on réécrit tout ce qui est moche, ce qui n'est pas la partie la plus simple, enfin, disons que c'est autre chose, niveau "writing process"), en ce moment même, à cette seconde même, le fichier est ouvert alors que je
perds 4 minutes précieuses à flatter je sais pas quoi sur canalblog et mon ego sur Facebook, ah non, je viens de fermer la fenêtre FB, parce que hein bon...Donc, je corrige, je rallonge, en fait, the problem is qu'un nouvel article vachti intéressant (article-clé j'entends) sur fb est pondu à peu près tous les jours, avec à son bord, un paramètre encore plus vachti intéressant que je me dois d'ajouter à mon bouquin, parce que : petit un: ça change la donne, petit deux: ça apporte une précision plus qu'incontournable sur le because of the why, enfin bref, un vrai casse-tête d'injecter chaque jour de nouvelles données aux bons endroits, je vous raconte pas la dentelle décalée. Ceci dit, je suis très consciente du fait qu'il va falloir le terminer ce machin, et qu'évidemment, une fois imprimé, je vais hurler aux loups parce qu'une info foutra plusieurs de mes paragraphes en l'air, ceci dit, c'est un peu ma faute, quand on décide de tripoter un sujet internetesque, faut s'attendre à ce que le liquide soit instable, en mouvement tout le temps, bref vivant. De plus, en ce moment j'ai qu'un oeil, ( ben oui les robots aussi choppent des conjonctivites de ouf ), mais ce n'est pas le fait de ressembler à Rocky qui m'empêchera de finir ce truc. Foi de cyclope.
jeudi 26 novembre
Facebook Superstar
"Harvard,
2004.
M.
Zuckerberg, D. Moskowitz, C.Hugues sont heureux de vous annoncer la naissance
de Facebook.
Les
parents se portent bien, leur création pèse, depuis son ouverture sur la
planète entière en 2006, 300 millions de membres à ce jour.
Son but :
rassembler des personnes proches, inconnues ou autres.
Faits
d’armes : 2eme site le plus visité au monde après Google.
Signe
particulier : vous."
Alors voilà. En ce moment je termine l'écriture de "Facebook Superstar". Pour résumer la chose, on va dire qu'il
s'agit
d'un livret dans lequel je relate la "Facebook ambiance", du moins, comme je
la ressens MOI , vue de ma lucarne à MOI, dans ma position de "pas spécialiste du tout"
mais "utilisatrice quand même". Je m'emploie à manier le sujet sur un ton plutôt
relax&funky parce que souvent les guides se prennent vachement au sérieux et
leur lecture devient vite "so boring", du coup, j'ai trouvé l'idée
cool, à la fois dans le fond et dans sa forme, de parler du phénomène,
en rigolant quand-même, parce que finalement, c'est pas tragique du
tout (je crois). Je précise également, à l'attention de tous mes petits
comparses facebookiens, que je ne cite aucun nom, voilà, c'est dit. (
Non parce que certains se sont mis à flipper quand j'ai dit que
j'écrivais un livre sur FB, rhaa la la, n'importe quoi).
_Bon, pensons également aux english visitors:
"Harvard, on 2004.
Mr Zuckerberg, D. Moskowitz, C.Hugues are so happy to announce the birth of Facebook.
The relatives go well, their creation weighs, since its
opening on the whole planet in 2006, 300 millions of members to this holy day of bliss.
Its purpose: gather the close, unknown or other persons.
Exploits: 2eme site the most visited to the world after
Google. ( Oh, really?)
Distinguishing feature: you".
Then ! Here we are, at the moment I end the writing of "Facebook Superstar", to summarize the thing, we are going to say that it is
about a textbook, a guide, who explains a little Facebook, finally seen by my
window, my window of " not
specialist " but only "user", I am used to put it a rather relaxed
tone, because often guides take themselves tremendously seriously and their
reading becomes fast "so boring", as a result, I found the idea cool,
at once in the bottom and in its shape, to speak about the phenomenon, by
laughing when even, because finally, it is not tragic of the whole (I believe).
I also specify, for the attention of all my small facebookiens colleagues, that
I quote no name, Here we are : it is said. (Some put themselves in pinball
machine when I said that I wrote a book on FB, oh lord, who do they think I might be?).
_To the american visitors:
Yes ! Here we are. I’m fuckin’ ending the writing of "Faaaaceboook Superstarrrr" ! To say a little fuckin’ bit of it, it’s a trash textbook you know, who explains what's this fuckin’ Facebook, finally seen by my own window of motherfuckin’ user you see, but in a relax tone because often, guides are pissin’off with a screwin’ motherfuckin’ tone of «I know everything but you , jerk ». I found the idea fuckin’cool for my business and so fashion! For those on Facebook, who freaked out when I said I was about to write this facebook bullshit thing, who warned me like this « don’t quote my fuckin’ name ha! », I’ll just say: hey damn! Who d’ya think I fuckin’ am, a bitch kickin' asses into a fuckin' book ?
_Per lo visitoro espagnolos: (voilà ce que c'est d'avoir fait allemand LV1)
"Harvardo, in 2004
Senior Zuckerberg, D.Moskowitz, C.Hugues sono hysterico d’annonciada la nessancia de ler attractivo bb : el petito Facebooko. Los parentos se sento tambien, le bb pesos depoui la creacion in 2006 sour tou lé globo: 300 milliones de membros.
Son redoutablos buto : reliero los hombres del universo et perché no con Benicio del Toro (oh miamo).
Successo : el secundo sito lé plou visitada des mundes mé apers los santo Googla
Signas mue mue particuladas : tu e solo tu"
Voilà, je ne tomberai pas plus bas en vous la faisant en solognot.
Je retourne travailler de ce pas.
Arbeit über alles.
: )))
dimanche 01 novembre
Première page de " korrida ".
Ce soir, ce serait le bon.
La nuit et ses lumières vives
orangées ne me disaient pas le contraire. J’adorais ce quartier dans lequel je
vivais, ses odeurs de sandwiches aux
piments, le dessin sinueux de ses rues
claires, les terrasses investies à ras-bord et les éclats de rire qui finissaient
comme des cailloux contre les vitres. Oui j’idéalisais cet endroit, ça ne se trouve pas tous les jours une implacable
muraille contre le reste du monde ! Alors oui j’y tenais !
Je pavanais ici et me
reconnaissais dans ce miroir factice aussi sombre fut-il à ses heures, et tous
les visages que je croisais me semblaient familiers et beaux, comme ces inévitables
tags qui couraient le long de la façade de mon immeuble et qui m’émouvaient à
la manière d’une comédie dramatique américaine: pourquoi faire autrement quand on peut en
faire trop ?
Ne me demandez pas comment le mot anarchie
(écrit Anarchy par souci d’exotisme et de Sex Pistols) devenait soudainement une
parole tendre et vulnérable même cernée de surnoms qui s’autoproclamaient chefs
de bandes et d’hommages brefs à Tupac (Tupac
= Dieu). Pas la peine non plus de se
laisser impressionner par des revendications fantaisistes de type: Reviens, peine de mort, elles ne sont
pas là pour ça, sachez plutôt vous délecter d’une amertume bardée de références
bien peignées: sauve qui peut ( ma vie).
Les murs se donnaient des airs
importants et tout ceci ne présageait rien de bon. Cette indignation brouillonne
aurait certainement dû me cuire les nerfs, me monter la tête contre tout,
n’importe quoi, vous. Etonnamment, ces écritures saintes me distrayaient comme
d’agréables chuchotis, des berceuses en plein air, la grande séduction ! J’imaginais le geste appliqué,
amoureux de leurs auteurs, l’index écrasé sur le pulvérisateur dirigé contre le
mur comme l’aurait été une bombe lacrymogène vers les yeux d’un agresseur.
Mes clés, je les tenais aussi
serrées qu’une lettre d’amour et je palpitais d’émoi devant ces colères en
lettres rouge, bleu métal, noir. Quelque part, je me sentais proche de ces garçons
énervés qui se débarrassaient de leur haine à la hâte, cagoulés comme des
braqueurs, prêts à courir, toujours.
J’ai grimpé les escaliers comme
si ma propre vie m’attendait là-haut.
Deux petits étages me séparaient d’un potentiel bonheur. Les clés plantées au
creux de ma main gauche commençaient à me faire vraiment mal. Les pointes de
mes escarpins laissaient des traces sombres sur la moquette, la minuterie
cèderait avant que je n’arrive à la bonne porte.
Les voix dehors devenaient de plus
en plus sourdes, lointaines et inutiles. Mon navire quittait le bord du monde.
Je ne sais déjà plus avec qui je me trouvais une heure plus tôt et ne cherchais
pas à m’en rappeler.
Je m’étais trompée sur le compte
de la minuterie qui avait tenu le coup jusqu’ à la serrure. Mon chat miaulait
fort et je sentais son corps se frotter contre la porte, la bête allait et
venait frétillante comme le désespoir, on aurait dit que le dernier survivant
sur une île apercevait enfin les secours.
J’ai laissé mon sac tomber à terre
et lui ai prodigué les premiers soins. L’attente l’avait rendu un peu teigneux,
aussi semblait-il tenir à défoncer le paquet de croquettes, ses griffes
n’épargnaient pas la peau de mes mains. Le téléphone a sonné et j’ai laissé le
répondeur faire son travail. Quand j’ai enfin allumé la lumière, le pelage
blanc et luisant du chat est devenu soudainement mat, tandis que les petites
dents de l’animal broyaient la nourriture dure comme de l’os.
Il était à peu près dix heures du
soir et j’allais probablement dormir seule. Mon rendez-vous n’avait pas été
bon. D’ordinaire, cette frustration me donnait furieusement envie de peindre,
mais ce soir, les pinceaux resteraient secs. Il me fallait assouvir cette faim
extraordinaire qui creusait mon estomac. Mon chat était repu, il se léchait les
pattes une à une avec la même application que s’il avait dû éliminer des traces
de sang entre ses griffes.
Je ne me laissai pas distraire plus longtemps, il y avait à faire ce soir, car il m’en fallait un autre, absolument, encore. Maintenant ! Je me suis assise face à l’ordinateur : ce soir ce serait le bon. J’avais une dalle de chat, mais rien ne saurait m’emplir davantage le ventre que de trouver enfin ma proie prochaine.
Windows a marqué un temps d’arrêt assez long avant de me livrer enfin son oxygène plein d’autres, gorgé de cibles potentielles. Facebook a demandé mon identifiant. Les fenêtres ne demandaient maintenant qu’à s’ouvrir sur l’avenir de celui que je cliquerai du doigt.
jeudi 08 octobre
The infidels.
Donc wala wala , the thing to do sera de pondre un ptit scénar pas très long mais quand même, (en collab' avec Giasco Bertoli,
photographe de son état mais ma foi multi-doué), à partir de ce que je viens de jeter sur ( sous?) Word, c'est à dire des phrases en vrac, tout ce qui me faisait penser à l'infidélité ( thème choisi par G. ). Mais attention, pas seulement l'infidélité genre "l'un reste l'autre part" hein, ça on s'en tape un peu. Alors il s'agira de l'infidélité de toutes sortes: envers soi-même, religieuse, politique, l'infidélité envers son épicier favori, sa couleur de prédilection, son médecin traitant, l'infidélité idéologique ( sa marque de clopes favorite) , culturelle ( son whisky préféré ), en gros, la façon dont nous avançons, repères au poing, plantant ( ou pas) nos coups de canif dans les contrats quels qu'ils soient ( mais pas que sous l'angle cucul...).
OK.
Du coup, voilou la tite prosette ( oui on est bien obligés d'inventer des termes pour ce qui ressemble à rien ou à pas encore grand chose), j'ai fait ça dans la précipitation pour des questions de spontaneité textuelle à laquelle je tiens, (ainsi je garde le "teenage spirit" as Van damme would say).
Well
Voici donc le petit support à scénar pas du tout dégrossi. Stop blabla.
The infidels:
I don’t talk about love
No one ever talks about LOVE
What it’s all about
Is
Appartenance.
J’ai une soif de chien
La vraie, hein !
Celle de la
Liberté. ( cette grande idée en forme de sens giratoire )
Je commets volontiers ce crime de
ne vouloir
Qu’être à moi.
A vous tous ?
Il y a de sombres instants dans la
vie
Où l’on doit promettre ( le buste
d’équerre )
Se justifier ( manger sainement )
Etre cohérent ( ne pas boire
modérément )
Que son discours serve
Son propre choix
( et avec grandiloquence, signez ici merci )
Ce que je fais
N’est ni plus ni moins que de la déconstruction
Du remaniement
Caractériel
Je ne suis qu’une girouette
Qui vous indique le temps
A droite
A gauche
Votre temps
Tic tac
Votre époque
Mais laquelle ?
Mes sensations fortes
Ne naissent que dans ce qui provoque
Ma soif ( et ma langue pend en ce moment-même )
I eat freedom
I bite freedom !
I don’t care about being lonesome
Je pourrais très bien ne pas être là
Qu’ils ne s’en ficheraient pas
Les autres. ( l’enfer ? )
Je promets ( encore ? )
Je jure ( démodé )
Fidélité
Aux autres
A ce qui m’entoure aussi
A l’environnement ( les herbes fraîches et tout le reste quel délice )
Si crasseux soit-il
Pour une année
Une vie ( c’est long )
Mais
Le vent tourne ( court )
Et je ne concèderai plus qu’une heure
Une après midi ?
Carrément ?
Bullshits
Be a man, say yes, eat that
Walk
Don’t walk
My ideas are growing up with me
Like handcuffs.
If I say « forever » ( I suddenly become a doll )
It would walk without me ( fire )
Il fut une époque où ma fidélité avait un sens
Une énigme qui savait
Rester
Fraîche
Ça n’a pas duré
J’ai eu l’audace
Le malheur ( des uns )
De réfléchir
Et je l’ai de suite trahie
Cette amante de longue date
( C’est comme ça qu’on dit )
Pour faire bouger sa viande
Qu’elle ne meure jamais
( Peut-être que je l’aimais en fait )
Damn it !
Ça recommence
Le mot « toujours » gesticule dans son propre sac mortuaire
Je ne veux même plus le rogner cet os
Sa couleur me dégoûte
Une sorte de gris
Sale
Comme un mur d’hôpital
Dans un pays paumé, abandonné.
Largué ( c’est bateau )
La viande morte, la bidoche exsangue
Qui en voudrait ?
Pas même le supermarché du coin.
Qui aurait assez d’audace pour prendre ce mot : « toujours »
Pour ce qu’il n’est pas
Un pas
Deux pas
Rouler au pas
Je m’ennuie
Oui c’est ça je me cause des ennuis
Je ne retourne pas ma veste non jamais
Je ne l’enfile même pas, alors !
C’est en guenille que je me pointe
aux banquets
Sages et bienséants
Je prends quand même le temps de
m’installer
C’est vrai, on ne sait jamais
Et…
Comment ? Vous faîtes la diète ?
Gros mangeurs que vous êtes ?
Oui je suis du genre à me foutre
dedans
Avec vaillance, s’il vous plaît !
I’m a life addict
And really addicted to
Myself
Addicted
Yes
ADDICTED
I’m my own illness
Hang me
High
Je n’ai pas de laisse
Tout juste un petit collier de chat de gouttière
Fidèle à ses toits
You
My roof
Ma phase terminale.
Je crois que…
Le criminel va se faire arrêter
Parce qu’il n’a pas de laisse…
Parce qu’il fait ses choix d’aller ici
Ou
Là ( la la la la la la )
Comme il l’entend ( que dites-vous ? )
Mais que fait la police ?
Il faut suivre SA musique ( dites ça aux flics )
Son petit Brahms personnel
I’m my own private Kurt Cobain
Et je n’ai pas de haine ( non )
Pourquoi faut-il toujours qu’il y ait une histoire d’amour entre les choses
Les directions que l’on prend
Plus qu’avec
Les gens
Suis-je vraiment obligé de faire l’amour
A ce lampadaire qui m’éclaire la nuit ?
Ne puis-je pas m’adosser à un autre, un autre jour, une autre fois ?
Dois-je promettre le mariage a ce panneau de signalisation ?
Dois-je emménager avec cette indication d’autoroute ?
Dois-je baiser l’A6 ?
Should I fuck the city where I was born ?
Forever ?
Should I put Bangkok or Paris into my bed ?
Forever ?
Oui forever
Fidélité. Avez-vous votre carte,
oui avez-vous votre carte ?
Rafistolée sans cesse
Chirurgie inesthétique
Une pute de village
Vautrée dans sa couche romantique
Chauffé par des passages
A l’acte
En ce qui me concerne mon lit est
Partout
Comme celui d’un chien, oui , exactement
Mais un chien pas très commun
A fuckin’ dog from hell !
Comme on les appelle
Je crois que je vais m’installer ici
Mais pour un court instant seulement, ne rêvez pas
Il se trouve que, je reste le plus souvent,
Debout
En mouvement
Et je cours
Vous savez, je vous aimerai quand même
Even if you
Still wanna
Call
Me
The infidel.
AA
samedi 05 septembre
Je sais.
Certes, la photo ci-contre est un peu "triviale". 
Mais elle illustre parfaitement mon état d'esprit du moment.
Type pression OUILLE que je me colle AÏE sur les épaules RHAA LA VACHE pour d'obscures raisons.
(Plans are my own private paradisiac islands, anyway).
Dans un premier temps : co-écriture du scénario de "The infidels" avec Giasco Bertoli.
Rule number one: surtout oui surtout, balancer mon caractère de merde au fond d'un trou pour que tout roule voire fonce, voilà, c'est dit et NON je ne me tire pas du tout une balle dans le pied en l'avouant, je ne peux de toutes façons jamais me cacher bien longtemps)
Voilou.
Ah oui, juste une dernière chose : EVERYTHING will be ok.
Evidemment, ceci s'adresse à une personne en particulier ( qui doit penser que je lui ai tourné le dos et que je ne l'aime pas mais qui se gourre grandeur). Pof c'est fait.
Et j'embrasse Joel Houssin cet ange.
:-)
lundi 20 juillet
Back.
Alors voilà. ( tite parenthèse avant le blabla: j'ai redécouvert mon Myspace, pauvre chose laissée à l' abandon depuis des années, je viens de le réactiver, alors ceux qui en ont un zossi, z'êtes welcome http://www.myspace.com/furioza )
Au programme : un manuel type guide de survie dont je parlerai davantage une fois prochaine 
ET un bouquin que l' on estampillera thriller
Ces deux projets se feront à plusieurs mains ( 4 si je compte bien )
Non, je ne me suis pas transformée en une sorte de pieuvre
Il se trouve que la collaboration a du bon ( non je mens en fait, parce que l'un des deux: généralement l'Autre, finit toujours par emmerder torpiller bananer le projet et tout seul on ne peut rien faire ou pas grand chose, en fait there's no choice ou juste celui de l'embarras)
Bon...
A little less conversation, a little more action.
mercredi 29 avril
Bordel
Nan je fiche pas RIEN. Je suis en plein chantier mssieurs-dammz. C'est vrai que je fais museau depuis un temps certain. Mais, a lot of things are going to deboule. 
Yé né soui pas oune : machine !
( mais je tends à le devenir ).
samedi 21 mars
Signature chez Loddé-Privat
Eh bien voilà, c'est fait. ça s'est super bien passé, François de chez Loddé, toujours aussi adorable.
Des gens curieux, pas chiants, polis ( oui ça m'étonne à chaque fois). Et comme on le constate sur la photo ci-contre, j' ai pas franchement l'air d'avoir été maltraitée.
Ok. Next...
Kassdedi
Ben oui je peux bien me la jouer Booba cinq minutes... 
Bon.
Je signe Furioza cet après-midi à la librairie Loddé-Privat ( à Orléans )
à partir de 15 heures
Pof.
And kisses.
AA
lundi 23 février
Attache-parisienne ( début de Velcro)
Il fallut faire une petite incision à la base de son cou pour que le fin tuyau entre et que l’air y glisse : madame Schüller, occupante de la chambre 111, pouvait de nouveau respirer et s’en prendre à la lame de douze.
Pas moyen de crever dans cette baraque ! A-t-elle hurlé lorsqu’on enleva la canule. Six mois qu’elle demandait ça, la mort, depuis le décès de son Jacques.
Elle a craché, dégluti, reniflé, et ça passait la vie.
La vieille va se venger pour tout ça me dit Denis, faut préparer des draps propres !
J’ai dit oui, oui, je sais bien ce qui nous attend.
*
C’est un fait. Les farfelus capables d’affirmer « qu’un hôpital, c’est un hôpital » n’ont certainement jamais couru touché ni même humé ces couloirs-là.
Par « hôpital », tout individu à peu près sensé, et surtout qui ne cherche pas les histoires, entendra volontiers « tripes à l’air », « cervelles filantes », « pronostiques non engagés ». Du velours, en somme. Et n’importe qui sans grand effort imaginera le tableau, persuadé que l’œuvre présentée se passera de bavardages rebattus.
Cet hôpital si particulier dont je parle est ce que l’on appelle un hospice, c’est à dire un camp où les vieux sont FAITS pour y être vieux. Je vais tout de suite planter mon panneau de mise en garde : on n’est pas au musée ici, et on n’est pas au cirque non plus. Personne pour applaudir. Personne pour apprécier une quelconque féerie. Ça n’est notifié sur aucun contrat, que je sache. De plus, je certifie que les rares cascadeurs, simples passants, et autres paumés qui franchissent le seuil, sont loin de faire des acrobaties qui justifieraient des houra, et ils sont tout aussi peu alertes lorsqu’il s’agit de se dévisser le cou pour déposer baiser sur mère-grand. Tout juste s’ils ne les épargnent pas de la plus insignifiante démonstration câline, et je ne parle même pas de paroles douces ou de tapes dans le dos, je fais modestement allusion : à un simple COUP D’OEIL. Et ils se mettent à rechigner comme des gosses de quatre ans devant une platée de brocolis, rien qu’à la vue d’une de ces loques abruties et coulantes comme des calendos.
Je sais que c’est moche un vieux, et en toute objectivité, ça pue. On déglutit péniblement à l’approche de ces chambres, moi la professionnelle y compris. C’est dire si je sais exactement comment ça se passe dans n’importe quelle tête.
Plantons le décor: les visiteurs se présentent à la réception : bonjour je suis un neveu, ou bien : je suis un lointain cousin. Un proche parent ? Ah non surtout pas JAMAIS.
Ils refusent d’être génétiquement tout près de ces vieux parce que les vieux ça porte la poisse et ils pourraient refiler leur Parkinson en moins de deux, on ne sait jamais.
De toutes façons, bon nombre de pensionnaires ici sont incapables de distinguer une lunette de toilettes d’un bol de soupe, alors de la chair, du sang, des souvenirs ! Leurs proches pourraient bien être des chimpanzés qu’ils n’y verraient que du feu.
Il m’arrive de me demander pourquoi ces gens viennent, et pas seulement lors des fameux moments sombres, et non je ne les mets pas tous dans le même cabas, c’est vrai, il y a dans le lot des visiteurs aimants et pathétiques, qui rendent visite par plaisir, sans nul doute. En ce qui concerne les autres, et là je ne fais qu’utiliser bêtement un sens de l’observation des plus primitifs, leur but est simple, ils viennent quémander un peu de sainteté, ou bien une conscience pas trop sale, au mieux une auréole grand modèle.
Ils ne viennent certainement pas remplir un cœur.
On le sait bien, mais ça nous rend presque joyeux, c’est fou comme on est prêts à accepter n’ importe quel mensonge tant il est rafraîchissant de voir des bobines qui viennent de l’extérieur, semblables à celles que nous ne fréquentons même plus. (Travailler de nuit implique l’oubli total ou partiel de toute vie sociale et extérieure au lieu de travail, il est très courant de n’avoir essentiellement que des amis d’un genre très commun c'est-à-dire des gens qui travaillent le jour alors que nous dormons et qui nous invitent à des fêtes alors que NOUS travaillons, autant dire que les amis en question détalent vite fait pour se regrouper avec leurs semblables : des vrais gens, et comme ils ont raison).
Je ne fais pas de nous des suppliciées, tout comme je n’érige pas ce métier de gardienne de tombes en ouvrières de la Passion type Saintes Maries. Je crois simplement être devenue ce que je redoutais: une grande conne, une ironique, une vieille. Comme eux. Et ça se voit : je tape familièrement dans le dos du moindre vainqueur trouvant l’entrée de cet endroit, comme s’il était un vulgaire gagnant de tombola. Un pauvre type. Et je lui demande son nom, son numéro de téléphone et le petit papier je le plante sur un pic en fer avec ceux de tous les autres joueurs anonymes.
On s’en tape de leur numéro, ils ne serviront qu’une seule fois. Quand on leur apprendra que.
Souvent, quand les visiteurs épèlent leur nom, on n’écoute même pas, on n’est pas des amateurs, on se fiche de tout autant qu’eux. Et il ne faut pas compter sur moi pour leur sourire, je ne suis pas une commerciale, je n’ai rien à vendre. J’indique seulement le numéro de la chambre. La bonne route à emprunter. Comme un agent de circulation ou bison futé. Le sourire, c’est en option et je n’ai pas à en faire des tonnes ni à distribuer ma bonne humeur à qui la demande. Ma liesse est proportionnelle à mes honoraires, c’est ma dignité après tout.
Mais parfois j’avoue faire quelques entorses et sourire avec plaisir à un vieux plus qu’à un autre. Comme ça. La tête du client est reine.
C’est compliqué de ne pas céder à l’ironie envers ceux qui ne poussent pas la porte. Quelque part je les comprends, moi, je suis payée pour. Seulement, il faut avouer que le terme hôpital ne projette pas toujours un résumé juste.
L’hôpital, j’en conviens, c’est beau, ça répare, ça rend la vie. Et quand ça la prend, quand ça l’arrache, oui c’est triste, je sais bien que c’est triste.
Mais je dois rafistoler l’image de « l’hôpital » très spécial dans lequel je travaille, parce qu’il doit sûrement y avoir un tas de méprises à son sujet, alors je confirme : d’ici, on ne ressort qu’en steaks hachés. Emballés pesés, ruinés de tout. Des vies construites méthodiquement et longuement comme ça pour rien, cent ans à palpiter pour nada. Comme un petit coup de pied de gamins dans une termitière. Toutes bêtes dehors. Une baffe ou non de la part des parents devant la cathédrale disparue et terminé.
Ah oui c’est odieux, c’est minant de savoir ça. On ne vit plus pareil après. Mais quand on ramasse de la mort, je ne sais pas pourquoi et peut être que je ne cherche pas non plus à le découvrir, mais voilà : tout ça, la vie, l’acharnement, ça nous paraît soudainement capital.
La vieille Schuller, a qui on vient de reverser sans intérêt à peu près un mois de vie, va maintenant faire un bon gros dodo. Elle peut, c’est un sacré cadeau meilleur au goût que du fric, ce qu’on vient de lui faire.
Elle peut sourire à présent, je la vois sourire, quand on voit les commissures de leurs lèvres amorcer un mouvement vers le haut, on conclut qu’ils sourient. Elle dort je crois. Non, elle va mieux. Elle remercie. Elle hurle peut-être.
D’ailleurs, ils peuvent tous s’y mettre et jouer les castras, ça n’est pas le souci majeur dans ce boudoir. Le pire c’est le rythme fou. Ici le temps n’a pas capitulé. On n’est pas dans l’émission « les chiffres et les lettres », les cartes se distribuent à la cow boy et autant prévenir, il n’ y aura qu’une seule et unique partie. Black Jack, chemin de fer, machine à sous : les gains tomberont comme d’effroyables diagnostiques. Le casino l’emportera à tous les coups et du temps pour disserter y’en aura pas, vous comprenez ?
La preuve : trois minutes plus tard, la zone de turbulence s’est déplacée. Chambre 101. Depuis laquelle un vieux crie plus rauque que d’habitude. Il prétend mériter un peu de morphine liquide. Ça c’est leur refrain. Ils sont en boucle les salopards.
Ah oui, des opiacés ? Rien que ça ! Les vieux connaissent tous les médicaments et tous les stratagèmes pour en avaler. A croire que ces hosties ont le goût de rillons à la moutarde. La morphine, c’est le seuil dernier, quand les organes perdent leur place habituelle, pour tout autre cas, ils doivent comprendre qu’il y a encore de la route, que leur corps peut tenir. Dans un monde parfait, les vies seraient courtes.
Le médecin-chef (le docteur Geignaud qu’on appelle à mi-voix « le geignard ») nous a ordonné de ne rien leur céder de plus, qu’ils pourraient y passer avec tout ce qu’ils ingurgitent déjà tous les jours. J’informe alors le sénile du refus, espère qu’une conversation des plus courtes règlera l’affaire. Des insultes ? Je suis sourde. Il a choppé mon poignet, donnez moi de la morphine, saleté ! (Pas pour de vulgaires reflux d’estomac enfin).
Delphine la stagiaire, me dévisage, relève les babines, me pense salope. Elle brandit son indignation comme un manuel relié cuir : crédible et incontestable niveau qualité puisqu’ il a traversé les âges. Selon ses propres termes, elle désire s’entretenir « en tête-à-tête avec le pensionnaire ». En tête-à-rien ! Je ne suis pas sûre qu’il en ait encore une. Mais je lui accorde : certains « anciens » savent parfaitement le degré de vétusté de leur organisme, le devis est souvent clair dans leur esprit, et les barbarismes que sont les noms de médicaments sont pour eux aussi familiers que n’importe quel ingrédient de potage, une simple retranscription de recette de cuisine. En une ou deux semaines de séjour il est possible de maîtriser chaque vocable des tauliers, et ça peut rapporter gros : négocier ces petits cachets blancs dans la langue de l’ennemi entraîne parfois sa flexion. Un gémissement en « plex », un beuglement en « ylène » et caramba ! « les remèdes » comme disent les vieux, tombent droit dans leur gosier comme des délices au saint-doux. Ce qu’on récolte ? La paix. En plus du lien verbal possible entre le vieux et l’Homme.
C’est vrai, il faut au minimum leur reconnaître cette vertu. C’est un soulagement de se rendre compte que cet endroit n’est pas un cabinet vétérinaire où la moindre bestiole refuse les drogues en bloc, à moins qu’on la neutralise au pistolet. Même un rat, un con de rat, repérerait un valium fondu dans un livarot géant. L’octogénaire, lui, est nettement moins gâté : odorat zéro. Du coup, inutile de faire du catch avec eux, ils desserrent ce qui leur reste de dents à la vue du moindre « car en sac ». On ne sait jamais, dès fois qu’une infirmière ferait une bourde et confondrait le bonbon avec du cyanure. C’est qu’ils voudraient en finir pour la plupart. On fausse tous leurs plans avec nos conneries de vouloir les conserver comme des haricots en bocaux. Ils se tiennent donc prêts à dégainer tout mécanisme d’attaque, morsures, coups de griffes, coups de bec pour une ordonnance pleine. Toutes proportions gardées, tout Alzheimer exclu bien sûr. C’est que le vieux est conscient de ses possibilités, il a la « gagne ». Il peut venir crever à vos pieds comme un lépreux attendrissant et la seconde suivante piller sans cagoule l’intégralité de vos nerfs. Non je ne vous donnerai RIEN.
Pour l’instant, Delphine tape du pied et je sais parfaitement ce qu’Elle (la très-trop jeune arrivante et tendre illusion) compte faire, elle veut être la soigneuse du mois. Bravo ! Dans une heure il fera nuit et la nuit la mort geindra. Couinera. Balancera les oreillers contre la porte. Patience.
Quand elle était à l’école, « petite crédule parmi les hommes » recopiait méticuleusement ses leçons sur le côté primordial de s’informer avec le plus grand sérieux de l’état de santé de chaque vieux, et ce oralement, pas seulement en consultant la fiche du gravas. (L’infirmière jouit par l’oreille).
Le jour de l’ examen, elle dû dégager, en deux pages minimum avec une marge de trois carreaux, l’importance d’établir un contact humain avec ce genre de personnes, et la nécessité d’entendre l’étendue des dégâts de la bouche-même du corps. La réponse à cette question serait notée avec un coefficient quatre. Elle remplit sans peine l’équivalent d’ une feuille double à petits carreaux, remportant après trois semaines d’attente fébrile, la note de quatorze sur vingt, ce qui lui assurait une place dans un hôpital cher et propre.
Fine mouche pousse la porte de la 101 et articule sans pouffer de rire : racontez moi un peu ce qui ne va pas… Le vieux en redemande. Il fait tapis : Je vais y passer cette fois, je vois le tunnel...
C’est un squelette qui vous a au bluff, vous ramasse comme sa mise et s’enfuit son sang tel le bolide sur son circuit. L’apprentie ressortira de la chambre vaincue. La « déchetterie » agoniserait plutôt demain, sécrétion grumeleuse au nez, elle s’était endormie.
Hep, la nymphe, tu en verras ici des ressuscités.







