Mein Blog, kein blog : Alexandra Apperce

Gesetzt! A dit la littérature... Parce que la littérature ne rend pas libre et qu'elle sera friande de vous, toujours. Welcome into the "Apperce bazaar"!

lundi 03 mars

Memphysteria

Memphysteria.                                                                                                             Elvis_Friedberg11

Attache moi mais pas comme ça. Que je ne m' attache pas toute seule sur mon lit ou dans la rue. Qu' il y ait au bout de tes mains le lien, qu' il n 'y ait pas que tes yeux qui me regardent mais aussi ta bouche tes dents et tout ton corps. Le lien c'est ma tête, ce qui se passe dedans, et surtout que je n' aie jamais à te le demander, de m' attacher.

Que ça se fasse tout seul, et que je te sente le faire, en vitesse.

Sans prendre ton temps, une décision ferme sans complaisance, que ce soit comme ça et puis c'est tout. Qu' il y ait un peu d' évidence dans tout ça.

Je suis morte plusieurs fois sous amour.

Je ne connais aucune rencontre qui ait transformé qui que ce soit.

Simplement des chutes, des feux d’ artifices ratés, des soufflés d’ amateurs.

J’ aime tomber côté confiture, la gueule qui tape le sol.

Depuis quelques temps j’ appelle mes déceptions de cœur, mes « Elvis ».

Des histoires flamboyantes, devenues flasques obèses et bouffies.

C’est que je les nourris ces Elvis.

De tout ce qui leur faut.

C’est à dire que je me pose des questions, je leur en fais part, je les mets au pied du mur, je les pousse dans leur tranchées tant aimées, celles où il y a la guerre, la plus froide, celles où on se pose des questions, avant de tirer, celles où on réfléchit, la guerre psychologique, la guerre de la tête, et «  Elvis » grossit, enfle, peine à chanter, au mieux s’ écroulera un jour sur scène, si j’ ai droit à un peu de beauté.

S’il y en a là-dedans.

Mes « Elvis » sont toutes blanches ,des anges pailletés, comme tombant au creux de Las Vegas. Des masses qui crament lentement sous des lumières fluos.

De façon systématique.

J’ ai satisfait la boulimie de mes « Kings », je leur ai cherché des explications, je les ai blindés de médocs, de cette vaseline tenace que sont les mots.

Et mon corps est devenu un rebord de fenêtre.

Les flocons suicidaires s’écrasent tout contre moi, dans leurs costumes de fêtes, transis leur dernier show. Et ils sautent. Fondent avec les moyens du bord.

Se taire. Ne plus chanter.

Hein « Elvis » ?

Je me jette du haut des kilogrammes, des gouttes de sueur, des bains de lipides. Ces tentacules sans fin, ces micros en cavale qui relient un Elvis à un autre. Des montagnes de « love me tender », et de « don’t be cruel ».

Puis Elvis s’installe dans mes canalisations, s’évanouit dans l’ évier et s’échappe par la bonde.

Morte plusieurs fois sous amour. Tout ou liens. J’ aime les aspérités, tout ce qui dépasse.

Voir mes mains qui dépassent de ces liens. Tenter de se défaire en vain pendant des heures jusqu’ à ce que les projecteurs tombent, la scène qui hurle et le public en mon nom. Elvis.

Des entrailles gorgées d’alcool, en ligne la neige en mètres cube.

Ne reste plus que d’ Elvis ,un étrange rail de sosies.

A chacune de mes rencontres j’ entends le débarquement, des obus confus qui plongent droit sur mon sol, une entreprise de démolition qui me donne son numéro de fixe, me disant qu’ elle viendra dès que possible. Que je n’ ai pas à m’ inquiéter.

Graceland sera bien en miettes.

J’ ai une tombe au fond de mon ventre. La peur de ne plus faire partie d’ une extension. D’ondes communes. De la même chanson.

Je suis un curieux gymnase où Elvis perd sa graisse et son aura.

Si vous saviez ce que j’ y parle là-dedans.

En notes graves et doubles-croches démissionnaires.

Comme j’y étouffe, et survis.

Sans réanimation.

Mes Elvis. La parole, c’ est bon, ils ont.

Il ne leur manque que le geste. Et l’ idée de s’attacher.

Se relever, ne pas crever à Las Vegas. Suer le long du micro pour toujours.

Baver le long du câble.

Le long d’un nouvel air. Le plus retentissant des tubes, et se laisser glisser dedans.

Et les « Elvis » s’ ils me laissent dormir,

Arriveront peut-être à me faire rêver de chanteurs encore en vie.

It’s now or never.

Musique.

Posté par Alexxandra à 04:32:00 PM - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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