Mein Blog, kein blog : Alexandra Apperce

Gesetzt! A dit la littérature... Parce que la littérature ne rend pas libre et qu'elle sera friande de vous, toujours. Welcome into the "Apperce bazaar"!

mardi 04 mars

Krash test.

                                 Krash test est mon premier roman. Achevé et non publié à ce jour. En voici le début.

Je suis lancé a des centaines de kilomètres/heures, droit sur un mur.                                              15405

Et il se rapproche

Grandit.

Je fonce.

Impassible.

Comme un pantin en celluloïd.

Dans un habitacle à broyer.

Si je m’ en sors.

A peu près.

Indemne.

Juste.

Egratigné.

Je recalculerai la vitesse.

Et recommencerai.

Jusqu’ à faire céder ce mur.

Exploser.

Et confondre mes débris avec cette immense cloison.

Sèche.

                                           *

Je bois.

Un jour, j’ ai bu.

Et maintenant : je bois.

D’un verre, un seul, j’ ai fait un état permanent.

Une longue mer sans fond.

Provocante.

Découverte.

Suintante.

Tous les jours je suis convaincu de ce besoin.

De boire.

Cette mer.

Cet autre verre.

Cette eau particulière.

Qui se dépose comme un enduit.

Sur n’ importe laquelle de mes failles.

Même quand je n’ ai pas de verre à la main.

Ou de goulot à l’ intérieur de la bouche

Je bois.

Je bois

Signifie

Que je suis : dépendant de l’ alcool.

Malade.

Tragique.

Désireux de mourir.

Et d’emmener les autres.

Avec moi.

Jamais seul.

Je n’ ai jamais vu autre beauté, autre bonbon, autre hiver que les brumes de l’ alcool.

Et j’ en veux plus.

Chaque jour plus.

J’ ai des placards, beaucoup de placards.

Et des planques.

Il y a des bouteilles dans mon cabinet de toilette.

Derrière la machine à laver.

Sur ma langue.

Derrière mes dents.

Et je ne me souviens plus où je les cache.

Je ne me souviens jamais

Que je dissimule.

Et je fouille la maison.

A la recherche de je ne sais quoi.

Défonce les portes.

Les couvercles.

Toutes les pièces.

Ma bouche.

De l’ alcool !

Je me souviens…

Je le hume.

Tout ce qui peut, ou même ne pourrait qu’ en rêve, contenir de l’ alcool, garder au chaud de l’ alcool, préparer ma route vers une négociable folie.

Je trouve.

                                         *                                     

Je vous parle depuis un lit.

Chaud.

Confortable et doux.

Comme de l’ alcool.

Et j’ aime le petit matin.

Cette petite promesse tueuse.

Je regarde une fille dormir.

J’entends le tic-tac d’ une montre sur une table de chevet.

Dans la fille, dans cette montre, il y a de l’ alcool.

Tout ce qui est tendre, tout ce qui n’ est pas supportable est alcool.

Il est très tôt.

Je suis encore plein.

Je ne dé-saoule plus.

Je ne remonte plus.

Et j’ aime le petit matin.

Je me surprends à aimer d’ autres choses.

Je trompe ma bouteille.

Je me vautre dans ce qu’ elle ne sait pas encore faire.

Un jour elle me fera jouir.

Je le sais bien.

A force de vas et viens dans ma gorge, l’ alcool me prendra.

Je ne veux pas que la fille se réveille.

Je ne bouge pas.

Et regarde le plafond.

Je ne les supporte plus depuis l’ alcool.

Je ne supporte plus rien au-dessus. Autour.

Les murs les délimitations le balisage.

Je fonce dessus.

Comme je peux.

Comme j’ imagine pouvoir le faire.

Vidé par les suées dues à l’ alcool.

Au manque d’alcool.

Je suis dans la chambre d’une inconnue.

J’ ai suivi une inconnue jusqu’ à son lit hier soir.

Quand on boit on ne craint rien.

Rien n’arrive.

Jamais.

Et j’ ai chaud.

Je sue encore.

J’essaie de respirer juste.

Comme un homme endormi.

Je pense à ma vie d’avant.

L’époque où je connaissais la femme dans mon lit.

J’ ai peur de la fille dans ce lit.

Derrière les rideaux. Entrouverts.

Fendus.

Il y a l’ idée d’ un jour prochain.

La promesse échancrée. D’un matin jeune.

J’ ai soif. 

Je vais me lever parce qu’ il faut que je boive.

Je n’ ai pas soif.

Vous savez bien que je n’ ai pas soif.

Que ce matin a tout des autres matins.

Je vois des goulots pointés sur moi.

C’est le manque.

De dérision.

Qui me fait boire. 

Je ris après avoir bu.

J’ ai l’ alcool mauvais :

Je ne me soucie pas de lui. 

Et je me sens trop grand, gras et gros.

Nous prenons de la place.

Cette bouteille et moi.

Je suis allongé à côté d’ une bouteille.

Je caresse la rondeur du litron.

Les contours de son avide orifice.

On nous héberge ici depuis hier soir.

Moi.

Et ma sorte de « femme ».

Nous sommes plus de deux dans ce lit.

Je bois.

Je vais me lever.

Marcher sur un sol qui n’ en est plus un.

J’ ai perdu tous les repères possibles.

Volontairement.

Je les ai foutus à la poubelle.

Un sol. Plus jamais.

Je ne le sens plus en marchant.

Je ne veux plus de rien.

C’est que, voyez vous. Je vole.

Au dessus d’ une mer tranquille et vaste.

Un cimetière de flotte.

Où je vois par transparence les cadavres d’autres cons.

Ronds.

Comme des barriques.

Je me moque de leurs photos.

De leur vie et de leurs proches qui pleurent ou les exècrent.

Moins que des hommes.

Je regarde au travers du sol.

Ce fumier.

Opaque. Et mouvant.

Je suis par terre.

Depuis un certain premier verre.

Je ne suis même pas vraiment dans ce lit.

Disons que physiquement, oui.

Mais l’ infini autour…La fille autour.

Je ne suis pas sur.

Je suis dedans. Je crois.

Au fond de quelque chose.

De creux.

Les gens sont des engins de démolition.

Et les gens sont des buildings.

Sans fenêtre.

Les bouteilles sont des buildings aussi.

Sans goulot possible.

Et je grimpe à l’ intérieur.

De l’ une d’elle.

Tous les jours.

J’ en visite une tous les jours.

Je sors la tête par sa fictive ouverture , la mémoire d’ une sortie, et je regarde dehors.

me prélasse sur sa terrasse.

Et bois.

Depuis ma géante bouteille je vous dis que tout va bien.

Et je ne peux pas sortir.

Je ne peux que descendre.

A l’ infini.

Des escaliers à l’ infini.

Je veux boire.

Tout de suite.

La dame à côté comprendra.

Il y a une vraie femme à côté de moi.

Une demoiselle avec laquelle j’ ai fait l’ amour.

Ca n’ est pas un verre que je veux.

Je ne sais pas ce que je veux.

Mais quelque chose de plus que ça.

Il y a plus grand que tout ça.

Je me remplis pour être grand gros et gras.

Je ne sais pas boire avec raison.

Comme un « civil ».

Un homme droit.

Qui fait les choses naturellement.

Repose son verre.

S’en va.

N’ y pense plus.

Jamais.

Les vannes s’ ouvrent.

Lorsque je bois.

Et je ne suis plus un homme libre.

Je crie un autre.

Une autre !

Comme une servitude.

Envers ces autres hommes.

Pour qui boire.

N’ est pas un état.

Ni quoi que ce soit.

Pour qui l’ alcool n’ est rien.

N’ existe pas.

Je suis relié à une machine.

Un contremaître.

…Moi-même.

La dégueulasse obédience. 

Où l’ alcool existe et proclame.

Accable, étête. 

Comme un coupe-coupe.

Et tranche.

Comme une fraiseuse.

IL y a cette usine au fond de moi qui tressaille et sonne l’ heure de boire, ordonne la pause, hurle comme une sirène , pour ces ouvriers en moi, qui sursautent, même s’ ils attendaient cette heure où ils seront libres de boire, de fumer, se pendre.

Je veux boire.

Je veux diluer mes troubles.

Dans des canettes, des verres, des choppes, hiver été autre saison intermédiaire inconnue.

Les troubles ne se diluent pas.

L’ alcool les préserve de toute décrépitude.

Les range en moi.

Les décuple.

Les nourrit.

Les laisse de côté.

Les dépoussière.

Pour plus tard.

Et je rebois.

Et je tente à nouveau la dilution.

Et plonge dedans.

                                     *

J’ai la tête la première, hors d’ un lit.

J’ ai bu en un an l’ équivalent d’ une piscine.

L’ intérieur d’ une piscine.

Le jus d’ un bain multiplié par mille. Dix mille.

Des millions de litres.

Plus qu’ il ne faut de litres.

Je bois depuis mon premier verre.

A onze ans.

Je me fais un procès.

Porte plainte auprès de moi.

Contre moi.

Je plaide liquide.

Mouillé. Parti.

Plonge pour maintes récidives.

Et j’ aboie.

Je jappe contre moi.

Fonce ,accélère sur moi.

Et les autres.

Quand je suis fait.

Je fais tout ça.

Je ne suis pas méchant.

Je suis nu sous l’ alcool.

Dans un lit. Contre un mur.

Je bois.

Boire c’est une situation permanente.

Une constante. La mienne.

On boit en soi, sur soi, la nuit, le jour. Et merde.

                                      *

Je suis dans un lit.

Cramponné.

A un drap en coton.

Je le sens sous mes doigts et sa douceur me donne envie de pleurer.

Je n’ ai jamais pleuré pour un drap.

Sa couleur, je ne la vois pas vraiment.

Dans les tons rouge.

Ou bordeaux.

Je pleure contre cette couleur.

Je viens de rêver.

Longuement je crois.

Et j’ ai dormi.

Plutôt bien.

J’ ai caressé une fille aux longs cheveux noirs.

Je fais ce songe idiot.

Que je suis en vie.

Concerné par quelque chose.

Je suis à moitié mort.

Je reviens d’ une longue traversée du rien.

Et je déteste la personne à côté de moi.

Je lui mettrais la tête sous l’eau.

                                           *

Il ne fait pas tout à fait jour.

Il y a une masse chaude et recroquevillée qui respire à côté de moi.

LA fille.

Ses cheveux, comme je l’ ai dit, bruns ,recouvrent un oreiller en petits frisottis secs.

La taie doit être assortie aux draps.

Qui m’ ont fait pleurer. Me répandre.

La fille respire lentement, profondément. réellement.

Epuisée par sa nuit. Cohérente avec sa soirée d’ hier.

Je me demande à nouveau si je suis chez moi, ou bien, si nous sommes chez elle.

Ces soucis d’ identification me boufferont une demi-heure.

Je ne reconnais pas les objets ni les rideaux.

Alors je suppose que nous sommes chez elle.

Il est très rare que je ramène une fille à mon appartement.

Le plus souvent je les raccompagne.

Et nous nous embrassons.

Puis montons dans leur chambre.

Et je me réveille quelques heures plus tard.

Plus beau.

Et libéré d’ une chose qu’ il fallait faire.

Et qui est faite. Comme je suis fait.

Toujours à la recherche d’ un plaisir. Autre.

Ou bien je cherche à faire ce que tout le monde fait.

Et je fais mes courses et je bande.

Je ne sais plus. Ce que c’est.

Depuis le verre premier.

Je me méfie de ma propre jouissance.

Et si elle devenait un vice. Une fréquence.

Le sexe de trop. Qui fait qu’ on sombre.

Et si je basculais de l’ autre côté du sexe. Dans la beuverie du sexe.

Dans la cuite de tout.

Je suis saoul de tout.

Je ne jouis plus.

Depuis longtemps.

Et cette sécheresse, cet abandon du corps me donne envie de boire plus.

Je relève un bras et tente de regarder l’ heure à ma montre.

L’ aube salive au travers des volets.

Je profite d’ un bref rayon de lumière pour lire qu’ il est à peine sept heures.

Je vais me lever.

Ne pas regarder la fille.

Je ne veux pas savoir qui.

Les draps sentent l’ylang-ylang.

Il y en a dans son parfum.

Je reconnais cette fragrance, très forte et propre aux parfums de brunes.

Les blondes portent des parfums plus fruités, moins érotiques.

Ma tête est sur le point d’ exploser.

Je ne me débarrasserai pas de cette migraine avant longtemps.

Elle me terrasse depuis des jours.

Je ne travaille plus.

Depuis des mois, années, etc.

Profession : sans.

Cause : homme alité.

Qualités : homme mort. Qui marche encore.

La fille remonte ses jambes contre son ventre et soupire.

Je me redresse doucement, regarde où sont mes affaires.

Il y a un chien blanc en peluche qui tire la langue, assis sur un fauteuil.

Ses poils luisent dans la chambre.

Je reste immobile à observer le chien.

Parce que je suis saoul.

                                          *

Je remets mon pantalon, mes chaussures, ma chemise, sans bruit.

J’ ai du oublier ma veste quelque part.

C’est la troisième, ce mois-ci.

Je referme la porte.

Il est sept heures trente.

C’est à cette heure-ci que je pars généralement.

C’est à cette heure-ci que la bouteille me siffle.

Je n’ appellerai jamais cette fille brune.

Et si nous nous recroisons.

Je ne le saurais même pas.

Que c’était elle aujourd’hui, à côté de moi dans ce lit.

Je ne me souviens jamais plus.

De quoi que ce soit.

J’ ai noyé les gens.

Tout.

Sauf une chose.

Parce qu’ elle est si récurrente,

que ma tête y pense sans que je l’y incite :

Mon ex-femme emmène les filles à mon appartement à neuf heures tous les samedis.

Constante.

( Elle les emmène.

Entre chez moi.

M’inspecte.

Et si je ne suis pas trop saoul, laisse les filles quitter leur manteau.

Me dit qu’ elle me les confie pour le week-end.

Me fait la morale.

Et repart, inquiète.

Presque morte. Déconcentrée.

Si mes yeux sont vitreux.

Si elle entrevoit une bouteille vide derrière un coussin, nous nous disputons, et elle dit aux filles de ne pas quitter leur manteau.

Qu’ elles reviendront une autre fois.

Quand IL sera lucide, et elle me le dit en me fixant.

Insistant sur le il et sur ce mot : lucide.

J’entends IL, LUCIDE.

Je suis là, voilà tout.

Et c’est déjà très bien.

Parce que je devrais être mort. Du sable par dessus les épaules.

La plupart du temps, mon ex-femme referme la porte.

Et mes deux filles me regardent de loin.

Mes amours me clochardisent.

Ne me donnent plus que la responsabilité de moi-même.

Et laissent claquer l’unique porte de mon propre corps.)

                                     *

Je retrouve les clés de mon appartement.

Me dis qu’ heureusement, elles n’ étaient pas dans ma veste.

J’ouvre la porte.

Je n’ ai pas ouvert les volets depuis des jours.

Il y a une forte odeur de sardines qui vient de la cuisine.

J’ achète des boites de sardines par dizaines.

Et je les mange dans la boite et je laisse leur squelette sur la table de la cuisine.

Nous sommes samedi matin, huit heures trente, et je suis saoul.

                                     *

Après avoir quitté l’ appartement de la fille, un peu après sept heures, je me suis arrêté à un bar où j’ ai commandé un kir. Puis deux.

Je suis resté assis une heure à regarder des gens courir pour rattraper un bus.

Ils étaient bien coiffés, sentaient bon, et partaient travailler.

Un autoradio diffuse vitre ouverte une bien étrange chanson qui a compris quelque chose de cette matinée.

_«and i find it kind of funny

i find it kind of sad

when people run in circle

it’s a very, very... Mad world 

                                     *

Il est neuf heures et mon ex-femme (que j’ appelle encore ma femme), sonne.

Elle est seule.

Elle me dit les filles sont dans la voiture.

Pas la peine de les faire descendre si tu es bourré.

Elle regarde mes vêtements.

Et puisqu’ ils sont froissés, déduit que je ne suis pas lavé.

Et que je n’ ai pas changé de tenue depuis la veille.

Elle me soupçonne d’être fraîchement rentré.

Elle dit voilà je m’ en doutais.

Je lui dis que je vais très bien, que parler et jouer avec les filles me fera du bien.

Elle a peur que je les abandonne par mégarde, que je les oublie quelque part, elle a peur que j’omette  des enfants.

Posté par Alexxandra à 02:26:00 PM - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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