Mein Blog, kein blog : Alexandra Apperce

Gesetzt! A dit la littérature... Parce que la littérature ne rend pas libre et qu'elle sera friande de vous, toujours. Welcome into the "Apperce bazaar"!

samedi 19 juillet

My own private Velcro.

Quelques centimètres de "Velcro", le roman qui sortira après "Furioza". Je le déclare fini tous les jours et tous les jours je le reprends. Un vrai job de dentellière : un accroc et il est foutu. Je projette 12000 retouches, je le bichonne. Normal, c'est mon tout dernier gosse.  yayoi_kusama                     

   

"...Je sais parfaitement qu’à mon retour certains auront trépassé. D’autres seront encore plus fanés qu’à mon départ. C’est le problème avec les personnes âgées, elles méritent autant de visites que les nouveaux nés. Ils changent vite. Une ride de plus, des centimètres en moins, une couche pour adulte modèle  « intraversable » et ils ne ressemblent plus à ce que vous aviez laissé. Je me demande à quel stade de pourrissement en est mon « futur père ». J’ai une réelle mentalité d’infirmière. J’ai cet espoir de soulager. Dès que j’entends une voix geindre je lui souffle que tout ira bien. "Mon père" n’a eu qu’à cogner à ma porte et j’ai pris ses bagages et je lui ai montré sa chambre. Je n’aurais pas dû mettre tendrement ma main dans son dos ce fameux soir. Je ne suis pas protégée contre les pères. La preuve, je me lance dans la gueule d’un autre. Sans préavis. Je n’hésite pas à me condamner. Et peu importe qui je berce, je ne vois plus que des dentiers secs sur des table de chevet à l’abandon. Des veines vides ou à leur bord, du sang prostré. Non, les endorphines n’endorment pas, elles ne lissent rien, au contraire elles mettent à jour. J’ai l’impression que ma mémoire est devenue un sac de ciment au dessus de mon crâne, étranger aux normes de sécurité. Un seul faux mouvement et il se déversera. Je vais fêter mon anniversaire dans à peine un mois, je ne veux pas connaître mon âge. Je n’ai pas peur de vieillir, j’ai peur de flotter, que mon âge n’avance plus. De ne jamais connaître ces voix maternelles d’infirmières et leurs doigts qui prendraient mon pouls, s'assurant qu' il tient bon. Plus je cours et plus je risque de me rencontrer. Mon avenir ne me chassera pas. Un père incontestable à quelques centaines de kilomètres ? Qui croirait en cette connerie de gênes, qui prétend que l’on naît d’une personne précise. On sort du ventre de sa propre vie."

Posté par Alexxandra à 09:48:00 PM - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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